Célébrer 62 femmes : sept jours qui ont changé le champ des possibles
- 3 juil.
- 4 min de lecture

Après sept journées intensives d'apprentissage, d'échanges, de rires, de résolution de problèmes et de réflexion, notre programme d'entrepreneuriat ASSET au Malawi est officiellement terminé.
Ou peut-être, plus justement, ne fait-il que commencer.
Ce printemps, Action for Women's Empowerment (AWE) Global, en collaboration avec notre partenaire local Emerge Livelihoods, a eu le privilège d'accompagner 62 agricultrices et entrepreneures des districts de Mzimba et de Nkhata Bay, dans le nord du Malawi. Ces femmes provenaient d'horizons variés, œuvrant dans l'agriculture et les petites entreprises. Elles produisent et commercialisent notamment du maïs, du manioc, des arachides, du poisson ainsi que divers produits destinés à leurs communautés.
Ce qui les réunissait n'était pas le secteur d'activité dans lequel elles évoluaient, mais leur détermination à bâtir un avenir meilleur pour elles-mêmes, leurs familles et leurs communautés.
Tout au long de la semaine, les participantes ont exploré des thèmes tels que l'étude de marché, l'innovation de produits, les ventes, la fixation des prix, la tenue de registres, la gestion financière et le marketing numérique. Mais il ne s'agissait pas d'une salle de classe où l'on se contente d'écouter des exposés. Les femmes ont travaillé ensemble pour résoudre des problèmes, présenté leurs produits, remis en question les idées de leurs collègues et appliqué chaque notion à leur propre entreprise.
Bon nombre d'entre elles exploitaient déjà une ferme ou une petite entreprise depuis plusieurs années — parfois même depuis des décennies — sans avoir jamais reçu de formation officielle en entrepreneuriat. Tout au long du programme, nous avons vu des pratiques bien établies prendre un nouveau sens lorsque les participantes ont pu relier leur expérience concrète à des outils de gestion d'entreprise.
L'une d'elles a parfaitement résumé cette prise de conscience lors d'une séance sur l'innovation :
« Je ne savais pas que quelque chose d'aussi simple que l'emballage de nos produits pouvait être considéré comme de l'innovation. »
Une autre a expliqué comment une leçon avait complètement transformé sa façon d'aborder la production :
« Avant, je fabriquais mes produits puis je cherchais quelqu'un pour les acheter. Maintenant, je sais que je dois d'abord trouver mes clients, puis produire ce dont ils ont besoin. »
Pour d'autres, les plus grandes découvertes ont eu lieu lors des ateliers sur la gestion financière.
Plusieurs participantes n'avaient jamais calculé le coût réel de production de leurs biens ni attribué une valeur à leur propre travail. Au moment de réaliser les exercices de calcul des coûts, les réactions de surprise — et parfois d'incrédulité — étaient nombreuses.
L'une d'elles a confié :
« Je comprends maintenant que je dois inclure tous les coûts, même le transport et le temps que j'y consacre. »
Une autre a réalisé que, malgré des années de travail acharné, son entreprise n'était pas aussi rentable qu'elle le croyait.
Ces prises de conscience sont essentielles, car entreprendre ne consiste pas seulement à travailler plus fort. Il s'agit aussi de prendre des décisions éclairées, de comprendre ses coûts, de reconnaître les occasions qui se présentent et de bâtir une entreprise capable de croître de façon durable.
Mais la transformation la plus inspirante que nous avons observée dépassait largement l'acquisition de compétences entrepreneuriales.

Tout au long de la semaine, les participantes ont animé des discussions, présenté leurs idées et partagé leurs connaissances avec les autres. Plusieurs étaient arrivées hésitantes à prendre la parole devant un groupe. À la fin du programme, elles se tenaient avec assurance devant leurs collègues pour transmettre leur savoir et encourager les autres.
Une participante a partagé :
« Je suis arrivée ici en pensant que je ne comprendrais pas ce qui serait enseigné. Mais vous avez fait preuve de patience et simplifié les notions, si bien que même moi, qui n'ai pas fréquenté une salle de classe depuis longtemps, j'ai pu apprendre et acquérir la confiance nécessaire pour enseigner à mon tour. »
Cette confiance s'est également manifestée dans l'une de nos activités préférées de la semaine.
Au début, puis à la fin du programme, les participantes ont rempli un exercice d'auto-identification en choisissant les rôles qui correspondaient le mieux à la façon dont elles se percevaient. Le premier jour, plus de 80 % d'entre elles se définissaient principalement comme des apprenantes. Au septième jour, plus de 70 % se considéraient désormais comme des formatrices.
Ce changement représente bien plus qu'une simple statistique.
Il témoigne du fait que ces femmes commencent à se voir non seulement comme des entrepreneures, mais aussi comme des leaders, des mentores et des personnes capables d'aider d'autres femmes à réussir.
Pour nous, il s'agit de l'un des résultats les plus significatifs du programme.

Nous remercions chaleureusement la Gay Lea Foundation, dont la subvention Community Impact Grant a rendu cette initiative possible. Son soutien reflète notre conviction commune que des communautés résilientes se construisent en investissant dans le leadership local, les moyens de subsistance durables et l'immense potentiel des femmes.
Nous exprimons également toute notre gratitude à notre partenaire local, Emerge Livelihoods, dont l'expertise, l'engagement et le leadership ont permis d'ancrer ce programme dans la réalité des communautés que nous accompagnons.
Alors que nous célébrons la conclusion de cette édition du programme, nous soulignons bien plus que la réussite d'une semaine de formation.
Nous célébrons 62 femmes qui retournent aujourd'hui dans leur communauté avec de nouvelles connaissances, une confiance renouvelée, des outils concrets pour développer leur entreprise et une conviction encore plus forte de ce qu'elles sont capables d'accomplir.
Nous avons déjà hâte de découvrir tout ce qu'elles construiront par la suite.




Commentaires